Né à Paris dans une famille aux origines guadeloupéennes, guyanaises et martiniquaises, David grandit avec une culture antillaise profondément ancrée dans son quotidien.
La cuisine, les valeurs familiales, les séjours dans les territoires ultramarins et la transmission de cet héritage façonnent son rapport aux Antilles. Mais son parcours l'ouvre également à d'autres univers. Il vit en France, au Canada puis en Belgique, découvrant au fil des années différentes cultures et différents marchés.
« Mon identité est assez hybride », explique-t-il.
Cette trajectoire nourrit aujourd’hui son activité professionnelle. Elle lui permet de conserver un lien fort avec ses origines tout en mobilisant une expérience acquise au contact des marchés européens.
Depuis 2015, il évolue dans l’importation et la distribution de spiritueux. Il se spécialise progressivement dans les rhums premium et développe un réseau qui compte aujourd’hui une centaine de cavistes, auquel s’ajoutent des activités d’embouteillage indépendant, de dégustation, de masterclass et d’événementiel.
Chez David’s Rum Selection, la sélection ne repose pas uniquement sur la qualité du liquide.
David recherche des maisons capables d’exprimer une véritable identité. Une signature aromatique, une manière particulière de travailler la canne, de fermenter, de distiller ou de faire vieillir les eaux-de-vie « Je ne recherche pas des produits interchangeables. »
Cette exigence l’amène naturellement vers des distilleries dont le savoir-faire possède une histoire et, lorsque cela est possible, une dimension familiale. Le parcours du producteur, la transmission des connaissances et les valeurs de la maison comptent autant que le potentiel commercial du produit.
Le prix, la régularité des approvisionnements et la capacité à répondre à la demande restent évidemment déterminants. Mais ils ne viennent qu’après une première question : David croit-il réellement au produit qu’il va défendre ?
« Lorsque j’accepte de représenter une distillerie, je dois pouvoir croire sincèrement en ses produits, défendre son histoire et lui consacrer un véritable travail de fond. »
Une position qui transforme le métier de distributeur. Il ne s’agit plus simplement de faire circuler des bouteilles, mais de donner à une marque les moyens de trouver sa place dans un nouvel environnement.
Cette implantation sur les marchés européens n’est pourtant pas sans difficultés. Pour les producteurs guadeloupéens, la distance constitue un premier obstacle. Transport, stockage, formalités administratives, accises et coûts logistiques peuvent rapidement peser sur le prix final. À cela s’ajoute une difficulté particulièrement sensible: les écarts de prix entre la Guadeloupe, la France hexagonale et les marchés d’exportation.
Dans un marché où les consommateurs sont bien informés et comparent facilement les tarifs, un différentiel trop important peut ralentir les ventes et fragiliser le travail réalisé auprès des cavistes. Mais pour David, l’internationalisation d’une marque ne se résume pas à une question de prix. La communication doit elle aussi évoluer.
Une stratégie conçue pour le marché français ne peut pas nécessairement être reproduite telle quelle en Belgique, dans les pays anglophones ou sur les marchés germanophones.
« Il ne s’agit pas uniquement de traduire les textes, mais aussi d’adapter la manière de présenter la marque, son histoire et ses produits » nous explique David.
Autrement dit, exporter un rhum suppose aussi de savoir traduire son identité culturelle dans le langage du marché auquel on s’adresse.
Un autre enjeu, plus structurel, concerne les volumes. Une marque peut susciter l’intérêt d’un caviste, trouver ses premiers clients et commencer à se faire connaître. Mais si le produit devient rapidement indisponible, tout le travail commercial peut s’interrompre. Pour David, le développement d’une marque repose donc sur trois éléments « la régularité, la disponibilité et le temps.»
Former les cavistes, organiser des dégustations, participer à des salons et créer une clientèle fidèle ne produit pas nécessairement des résultats immédiats. Il faut accepter de construire progressivement.
« Construire une marque sur un nouveau marché demande du temps, de la régularité et une certaine continuité dans les approvisionnements. »
Cette réalité rend essentielle la relation entre le producteur et son distributeur. Pour s’implanter durablement en Belgique, une distillerie doit pouvoir s’appuyer sur un partenaire qui connaît le marché, ses réseaux professionnels et ses spécificités.
C’est précisément sur ce terrain que David entend créer de la valeur. La mission de David’s Rum Selection ne s’arrête pas à la vente d’une bouteille. Elle comprend le positionnement des produits, la prospection, la formation des cavistes, les dégustations, les masterclass, les salons et l’animation commerciale. L’objectif est de faire comprendre ce que le consommateur achète. Car derrière un rhum agricole ou un rhum de pure canne, il y a un terroir, une matière première, un climat, des hommes, des techniques et une histoire.
Cette pédagogie occupe donc une place centrale dans son approche. «Faire goûter est une première étape. Faire comprendre permet de fidéliser.»
Cette logique conduit David à envisager une autre manière de promouvoir les rhums ultramarins: faire venir les professionnels européens directement en Guadeloupe. Et souhaite développer davantage de voyages professionnels réunissant cavistes et acteurs du monde des spiritueux autour de visites de distilleries et de rencontres avec les producteurs. L’enjeu est de permettre aux professionnels de découvrir le territoire autrement que par l’intermédiaire d’une bouteille.
Voir les installations, rencontrer les producteurs, comprendre les contraintes locales et découvrir les réalités de la production permet de donner une autre profondeur au produit.
À terme, David souhaite également développer des activités directement en Guadeloupe afin que davantage de valeur économique puisse être conservée sur le territoire, tout en facilitant l’accès des producteurs aux marchés européens.
David’s Rum Selection est finalement née de la rencontre entre une passion professionnelle et une histoire personnelle. David voulait présenter le rhum autrement, loin de l’image d’une simple boisson alcoolisée.
« Le rhum n’est pas simplement une boisson alcoolisée, c’est un produit de terroir, le résultat d’une histoire, d’un climat, d’un savoir-faire et du travail de nombreuses personnes. »
Cette conviction explique son attachement aux maisons qui possèdent une véritable signature et dont l’histoire mérite d’être racontée.
Il explique aussi son envie de donner davantage de visibilité européenne à des producteurs ultramarins dont le savoir-faire reste parfois insuffisamment valorisé à l’international.
À travers David’s Rum Selection, ce passionné cherche ainsi à faire circuler bien davantage que des bouteilles. Son parcours personnel lui donne une position singulière, celle d’un entrepreneur capable de comprendre à la fois l’attachement aux territoires ultramarins et les exigences des marchés européens. Son ambition est désormais de transformer cette position en véritable levier de développement pour les producteurs qu’il accompagne.
Une démarche qui repose sur une conviction simple, pour qu’un produit de terroir trouve durablement sa place à l’étranger, il faut que son marché découvre aussi «son histoire, ses hommes et son territoire.»
C’est peut-être là que réside la véritable vocation de David’s Rum Selection, faire du rhum un produit que l’on ne consomme pas seulement, mais que l’on découvre, que l’on comprend et que l’on transmet.
Une philosophie résumée par la signature de l’entreprise:
« On ne boit pas le rhum, on le chérit. »
l'abus d'alcool est dangereux pour la santé à consommer avec modération